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Numerus fixus - réaction du MoDeS-GBO-Cartel

Communiqué de Presse du MoDeS – GBO du 05 novembre 2018

L’ABSyM et le CIUM se sont récemment associés dans un communiqué en faveur de l’instauration d’un Numerus Fixus. Au moment où nos ministres de la santé sont réunis en conférence interministérielle, le MoDeS-GBO/ Cartel tient à faire connaître sa position quant à cette proposition. Nous en prenons acte mais nous désapprouvons fortement cette vision.
Nous réaffirmons, avant toute chose, notre volonté que soit octroyé à tous les étudiants en cours de cursus un numéro INAMI, y compris pour les derniers ayant réussi l’examen d’entrée. Cela doit évidemment se faire sans conditions et sans aucune contrepartie, dans la mesure où l’instauration de l’examen d’entrée devait constituer pour la Communauté Française une garantie présente et à venir  d’octroi pour tous les étudiants en formation.
Nous pensons qu’il y a du sens à planifier l’offre médicale dans un système organisé[1]. Le nôtre ne l’étant pas, il s’agira donc toujours d’éviter les dangereux effets d’annonce. Il nous apparait donc  incompréhensible et même dommageable qu’une telle idée, en faveur de deux systèmes de sélection consécutifs (examen d’entrée + concours en fin de bachelor), soit défendue par des représentants étudiants. Nous nous opposons fortement à cette approche qui s’apparente à une double peine, dans un contexte communautaire des plus lourds sur cette question épineuse. L’accroissement d’une compétition immédiate et malsaine à l’échelle « individuelle », sera suivie à l’échelle « collective » par un nombre toujours plus drastiquement limité d’élus à terme.
Une démarche aussi peu responsable réduirait encore la pérennité de notre système de soins. En effet, l’accroissement de la pénurie organisée « dès la source » renforcerait encore le recours massif à une main d’œuvre externe, qu’il s’agisse de diplômés issus de l’UE pour une formation en spécialisation ou médecine générale ou de médecins déjà agréés dans leur pays. Cette situation, qui a déjà cours dans une certaine mesure, permet une claire discrimination vis-à-vis des étudiants obtenant leur diplôme en Belgique. Par ailleurs, la diminution du nombre d’assistants médecins impliquerait un respect encore moindre de la loi actuelle sur le temps de travail. Notre système étant déjà mal équilibré, la pénurie en médecine générale ne ferait que s’accentuer en Wallonie. Défendre une telle décision pousse au développement d’une médecine à plusieurs vitesses avec, in fine, une diminution de la qualité globale des soins prodigués et le burn out menacera encore plus des praticiens déjà surchargés.
Nous invitons dès lors le CIUM à la raison. S’il est nécessaire de trouver une solution pérenne, la multiplicité des contraintes est néfaste pour l’avenir de tous, tant pour les étudiants que pour notre système de soins. Il n’est pas trop tard pour nuancer les positions de chacun.


[1] Et il faut l’organiser de toute urgence ! quelques points centraux : échelonnement des soins ; participation de tous les spécialistes seniors de moins de 60 (à définir)  ans au rôle de garde hospitalier, participation de tous les généralistes de moins de 60 (idem) ans au rôle de garde de première ligne,  incitant au travail en équipe pluridisciplinaire en première ligne, politique audacieuse d’harmonisation des revenus entre les différentes disciplines et lignes  de soins, incitant efficace à l’installation dans les zones en pénurie à défaut politique d’installation ; etc…  
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