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Formation pratique des médecins : assez d'hypocrisie !

                                       

Assez d’hypocrisie !
La formation pratique des médecins nécessite plus de respect, 
d’écoute et de soutien
L’heure est à l’action !
 
Le GBO/MoDeS est heureux que la loi du silence sur la formation des futurs 
médecins en formation soit enfin rompue et que l’épuisement professionnel des médecins en formation hospitalière soit à nouveau mis en lumière par un article du Journal « Le Soir » de ce 2 novembre 2018.
En complément, le GBO/MoDeS tient à rappeler un certain nombre de points qu’il n’a de cesse d’évoquer depuis longtemps.
Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble des services de stage et/ou des maîtres de stage en faisant un amalgame et en les stigmatisant mais il s’agit de ne plus se taire sur les problèmes qui existent bel et bien.
 
De nombreuses études prouvent que la fatigue et le surmenage des jeunes 
médecins et des médecins en formation peuvent être la cause d’erreurs 
médicales, dégradant ainsi la qualité des soins au détriment des patients, 
comme, par exemple, le démontre l’article paru dans la Revue médicale 
suisse en 2009.
 
Bien entendu, la situation est certainement très disparate entre hôpitaux eux-mêmes et entre les services au sein d’un même hôpital (qu’ils soient 
universitaires ou non). En outre, des problèmes sont également rapportés par des jeunes en formation en médecine générale.
Dans certains cas, le prétexte qu’une bonne formation soit liée à un maximum de prestations possibles n’est qu’une tromperie. De nombreux assistants et stagiaires se retrouvent à exercer des prestations répétitives au seul profit d’institutions de soins de santé. De trop nombreux exemples de manque manifeste de qualité d’encadrement existent et il est temps de s’y attaquer afin de donner une formation plus adaptée et transparente vis-à-vis des commissions d’agrément.
 
Il n’y a pas de séparation claire entre les objectifs pédagogiques et les besoins des institutions qui les emploient. Le conflit d’intérêt est parfois insurmontable.
L’existence pour la médecine générale d’un ASBL interuniversitaire, le Centre de coordination francophone de la formation en médecine générale (CCFFMG), ICHO en Flandre, dont les jeunes médecins sont très satisfaits, permet certainement d’apporter des solutions aux problèmes mais peut-être pas encore assez. Malgré le travail intensif du Conseil supérieur des médecins spécialistes et généralistes ayant abouti à des propositions concrètes de mécanismes d’amélioration de la qualité des formations des médecins spécialistes, la Ministre a préféré commanditer un audit. 
 
Le bilan humain du phénomène peut être catastrophique pour ces médecins: dépression, burn-out, abandon de carrière, parfois même suicide. Les situations qui peuvent s’assimiler à de la maltraitance laissent souvent les assistants et stagiaires sans recours effectifs.
 
S’il règne un climat de maltraitance, il a souvent tendance à se perpétuer, 
comme dans tout système éducatif. On reproduit le mauvais modèle et il n’est pas rare que d’anciennes victimes deviennent à leurs tours des « bourreaux ». On connaît la réflexion du genre : « A notre époque, c’était pire ! ». Au-delà de la problématique des formations médicales, il y a un vrai enjeu de santé publique.
 
Le GBO/MoDeS propose qu’un véritable débat démocratique s’instaure à ce 
sujet. Il prend acte que la Ministre de la santé soit sensible au problème et que des discussions sans tabous puissent voir le jour face à cette problématique.
Les procédures existantes doivent être améliorées de façon impératives afin d’apporter soutien et protection aux médecins en formation.
 
Le GBO/MoDeS rappelle à cette occasion, par exemple, la nécessité du strict respect de la loi sur le temps de travail. L’opting out des 12 heures 
supplémentaires ne peut en aucun cas faire l’objet de pression de la part de
maîtres de stages. La formation doit être axée davantage sur la formation que sur la productivité, même s’il faut tenir compte du coût de la charge salariale des assistants.
Un soutien effectif de la jeune population médicale est souhaitable afin que ces médecins puissent assurer des soins de qualité dans un cadre serein.
 
Un des problèmes à résoudre est structurel. Plusieurs hôpitaux ont besoin des assistants pour faire fonctionner leurs services. Cela est dû sans doute, entre autres, à la présence parfois insuffisante de séniors au sein de l’hôpital pour certaines spécialités en sous-effectif. Par contre, pour d'autres spécialités parfois en pléthore, la tentation est de réduire leur activité clinique hospitalière au profit de pratiques privées de ville. Mais la raison première d’assistants en hôpital et en médecine générale est d’abord et avant tout la formation et l’encadrement. Un système bien conçu devrait pouvoir tourner sans assistants mais on est loin du compte.
 
A côté de structures existantes comme « médecins en difficultés » initiée par l’Ordre des Médecins, le GBO/MoDeS poursuit ses réflexions pour mettre également en place une cellule d’écoute en son sein et poursuivra ses réflexions avec le CCFMG et le Collège de Médecine Générale pour ce qui concerne la médecine générale pour, entre autres, objectiver l’ampleur du phénomène et identifier les voies de solutions.
 

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